Délégation Renaissance
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Stéphane Bijoux : « Cet accord sur le maintien du budget du POSEI est une victoire pour les agriculteurs et éleveurs d’Outre-mer »

INTERVIEW | Vous vous êtes battu pour le fonds POSEI, pouvez-vous nous dire s'il sera maintenu ?

Le budget du POSEI est maintenu. Et c’est bien évidemment une victoire méritée pour les agriculteurs et éleveurs d’Outre-mer ! Ce combat était difficile et il n’était pas gagné d’avance pour les six Régions Ultrapériphériques (RUP) françaises. La proposition de baisse, portée par la Commission européenne, était franchement inacceptable. Nous nous sommes battus parce que, tous les jours, nos agriculteurs et nos éleveurs travaillent dans des conditions difficiles, pour atteindre l’autonomie alimentaire de nos Outre-mer et pour réaliser la transition écologique.

Finalement, La Réunion, Mayotte, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Saint-Martin vont bien bénéficier d’un budget annuel de 278 millions d’euros par an pour leurs agricultures. 

Pour obtenir ce succès, nous avons travaillé à une mobilisation forte du monde agricole des Outre-mer et de l’ensemble des acteurs de la majorité présidentielle. A mes côtés au Parlement européen, mes collègues eurodéputés Renaissance, Jérémy Decerle et Irène Tolleret, ont été très efficaces pour porter notre exigence commune de reconnaissance des spécificités ultramarines. 

Dans un objectif d’efficacité, nous nous sommes mobilisés en synergie et en coordination avec les actions très fortes engagées par le Président de la République lui-même et par le gouvernement français. Je tiens d’ailleurs à remercier les Ministres et Secrétaires d’État, Julien Denormandie, Sébastien Lecornu et Clément Beaune pour leur engagement sans faille dans ce dossier.

Qu'est-ce que le fonds POSEI et pourquoi est-il si important ? 

Le fonds POSEI (Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité) est un outil européen fondamental de soutien à l’agriculture des RUP. 

Son objectif prioritaire est de soutenir l’agriculture ultramarine face aux défis spécifiques imposé par la distance géographie, l’étroitesse des marchés locaux et par le climat. Chacun sait à quel point les Outre-mer sont exposés aux ouragans et aux cyclones. Le risque augmente avec le réchauffement climatique. Sur les territoires insulaires, il est même aggravé par la montée des océans. La réalité pour les agriculteurs et les éleveurs : c’est qu’en face de chaque défi spécifique, il y a un surcoût économique supplémentaire important qu’il faut impérativement compenser. 

D’abord, il faut soutenir la compétitivité des produits locaux par rapport aux exportations et surtout, il faut garantir des revenus dignes aux familles des professionnels de la terre. 

Si je prends par exemple, la canne réunionnaise. Aujourd’hui sur un territoire déjà très lourdement touché par le chômage, cette filière représente 18 000 emplois directs et indirects. La canne est une culture pivot. Il faut vraiment bien prendre en compte son importance économique, sociale et environnementale. Mais il ne faut pas non plus écarter de façon dogmatique toutes les questions légitimes que posent aujourd’hui une nouvelle génération de planteurs puisque le POSEI est aussi l’outil de la diversification agricole.

A La Réunion, plus de 70% des fruits et légumes que nous consommons sont produits localement. Je considère que c’est une nécessité à développer et une fierté à cultiver.

Il faut soutenir les filières pour arriver à 100% d’autonomie alimentaire. Et en même temps, il faut aussi trouver des solutions pour accompagner les petits producteurs indépendants.

L'Europe a-t-elle bien protégé ses RUP avec la crise du COVID ? 

Comme partout, en Outre-mer aussi, nous avons entendu les critiques sur « une Europe qui a mis un peu de temps à réagir » mais la réalité, c’est que les fonds européens ont permis aux territoires ultramarins de construire des solutions locales très adaptées aux besoins du terrain. 

Au Parlement européen, avec notre groupe politique Renew Europe, nous avons très tôt porté la revendication pour obtenir de la flexibilité et une simplification de l’utilisation des enveloppes budgétaires. Cette démarche a été un vrai levier positif partout. 

En Martinique, le Fonds Social Européen (FSE) a permis d’engager plus de 23 millions d’euros pour acheter des masques et des respirateurs pour le personnel hospitalier. 

A La Réunion, les agriculteurs et les PME ont pu être soutenus grâce à des fonds européens agricoles et aux budgets européens pour le Développement régional.  

Par ailleurs, il faut souligner que la Commission européenne a débloqué plusieurs millions d’euros pour les Outre-mer. 

En Guyane, il y a quelques jours encore, 25 millions d’euros de fonds européens supplémentaires ont été engagés pour la Guyane. Indispensable pour faire face aux conséquences sanitaires de l’épidémie, pour aider les PME mais aussi pour lutter contre l'isolement social des jeunes.

Globalement, dans les Outre-mer, partout, l’Europe est au rendez-vous des enjeux. J’ai la responsabilité de rédiger le prochain Rapport du Parlement européen sur la Stratégie RUP de l’Union européenne. Au-delà du bilan sur l’action européenne dans nos Régions Ultrapériphériques, j’entends bien poser des exigences très fortes sur l’emploi avec la nécessité d’une passerelle entre économie et écologie pour faire émerger de nouveaux emplois. Il faut aussi poser en urgence, la problématique de la gestion des ressources et notamment de l’eau.

Depuis le début de notre mandat au Parlement européen, avec mes collègues de la délégation Renaissance, nous travaillons chaque jour ensemble pour que les Outre-mer ne soient pas à la périphérie mais bien au centre des enjeux européens. C’est à la fois, une vision politique de respect et de solidarité mais c’est aussi un chantier partagé de valorisation des atouts locaux, régionaux et européens des Outre-mer qui sont réellement des  territoires de solutions pour une Europe plus écologique, plus sociale et plus ancrée aussi dans la diversité culturelle.


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